Zodiac Casino Neopost Vallourec… Ces pépites qui partent en vrille en Bourse

Zodiac Casino Neopost Vallourec... Ces pépites qui partent en vrille en Bourse

Toujours à la peine, l’équipementier aéronautique Zodiac se dit ouvert à une offre externe de rachat si elle est raisonnable. Casino et Neopost, eux aussi lourdement sanctionnés par les investisseurs, n’en sont pas encore là. Vallourec, en revanche, doit se résoudre à s’adosser à deux actionnaires de référence.

Les champions hexagonaux ne sont plus ce qu’ils étaient. Leader mondial des équipements et systèmes aéronautiques, Zodiac n’en finit pas de décevoir ses clients et les investisseurs. Un an après l’annonce de retards de livraison de sièges destinés notamment aux Airbus, le groupe dirigé par Olivier Zarrouati a prévenu ce mercredi qu’il lui faudrait encore dix-huit mois pour ramener ses activités d’intérieurs de cabines à la normale. « C’est plus que nous anticipions il y a six mois », a reconnu le président du directoire. Moyennant quoi Zodiac n’attend aucune amélioration de ses résultats pour l’exercice 2015-2016, après une chute de près de 45 % au cours de l’exercice précédent.

Pointé du doigt publiquement par son plus grand client, Airbus, pour ses retards à répétition, l’équipementier ne sait plus à quel saint se vouer. En un an, sa valorisation boursière a chuté de moitié, revenant de dix à cinq milliards d’euros. Une perte latente de plus d’un milliard pour les seules familles fondatrices, réunies dans un pacte d’actionnaires. Alors qu’elles contrôlent toujours 23 % du capital et 36 % des droits de vote, Olivier Zarrouati se dit aujourd’hui ouvert à toute offre extérieure de rachat. « Nous serions réceptifs à ce que nous considérerions comme étant dans l’intérêt des actionnaires et de l’entreprise », a-t-il déclaré mercredi lors de la présentation des résultats.

S’il n’en est pas encore là, Vallourec, le leader mondial des tubes sans soudure, doit lui aussi ouvrir son capital à deux actionnaires de référence. Après avoir accusé une perte annuelle de 865 millions d’euros en 2015, le groupe présidé par Philippe Crouzet va lancer le mois prochain une recapitalisation d’un milliard d’euros. L’État, par l’intermédiaire de la Banque publique d’investissement et de la Caisse des Dépôts, et le Japonais Sumitomo se sont engagés à apporter 500 millions, leur donnant chacun 15 % du capital.

Naguère fleuron français des services parapétroliers, Vallourec qui avait investi plusieurs milliards d’euros dans des usines flambant neuf sur les marchés très prometteurs du Brésil et des États-Unis a été pris à contre-pied par l’effondrement du cours du baril. Sur fond de pertes récurrentes et de plans massifs de réduction d’effectifs, l’ancienne pépite de Vincent Bolloré a vu son cours de Bourse chuter de 70 % en un an. La valeur de son action a même été divisée par dix en cinq ans’!

Moments difficiles. Jean-Charles Naouri, vit, lui aussi, des moments difficiles à la tête de Casino. Alors que son groupe compensait le marasme des hypermarchés en France par sa forte présence dans les pays émergents (Brésil, Thaïlande, Vietnam), le retournement de la conjoncture, conjugué à son fort endettement (plus de 6 milliards d’euros), l’ont conduit à changer son fusil d’épaule. Attaqué par l’activiste Yankee Carson Block, et mis sous surveillance par les agences de notation, Casino a vu sa capitalisation tomber à 4 milliards d’euros en début d’année.

L’ancien prodige de Bercy a dû accepter, contre toute attente, de céder ses joyaux asiatiques, Big C, leaders de la distribution en Thaïlande et au Vietnam. Le produit de la vente de ces deux actifs – environ 4 milliards – permettra à Casino de retrouver une situation financière plus saine. Malgré un rebond de 40 % en quelques semaines, le distributeur stéphanois ne vaut encore que 5,5 milliards aujourd’hui, soit 42 % de moins qu’il y a un an.

Affecté de plein fouet par l’explosion des moyens de communication électroniques qui fait fondre sa rente, Neopost, le numéro un européen et numéro deux mondial des solutions de traitement de courrier, peine lui aussi à redresser la barre boursière. En un an, son cours a chuté de 60 %. Les dernières prévisions d’une croissance organique en baisse de 1 % et d’une marge opérationnelle inférieure à 20 % ont déçu les investisseurs qui ont fortement sanctionné le titre. Pourtant, le groupe presque centenaire a réussi à dégager au premier semestre une marge opérationnelle quasiment stable à 112 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 586 millions, en hausse de 10 %.

Dès qu’ils déçoivent, les premiers de la classe sont plus lourdement sanctionnés que les cancres’!

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