VIDEO. Complément d’enquête. Violences en cuisine , sexisme à la brigade omerta dans les écoles

VIDEO. Complément d'enquête. Violences en cuisine , sexisme à la brigade omerta dans les écoles

Si les mauvais traitements ou le harcèlement en vigueur chez certains restaurateurs commencent à être connus du public, notamment après des enquêtes menées par les médias, l’omerta reste difficile à briser. Les écoles de gastronomie, censées former et protéger leurs élèves, érigent un autre mur du silence.

Pour ce numéro « Complément d’enquête », Constance a accepté de raconter, en présence de sa mère et de sa s’ur, son stage catastrophique dans un grand restaurant parisien. Quand la jeune fille intègre à 18 ans la prestigieuse école Ferrandi, le « Harvard de la gastronomie française », elle veut « passer [sa] vie dans une cuisine, être chef, avoir [son] restaurant ». Quatre ans plus tard, le traumatisme est tel qu’elle a renoncé à sa passion.

Une brigade presque exclusivement masculine

Elle doit débourser 7 500 euros par an durant trois années dans l’espoir d’obtenir un Bachelor, diplôme spécifique à cette école qui place ses élèves dans les meilleures adresses de la capitale. Mais dès son arrivée, Constance est confrontée au machisme d’une brigade presque exclusivement masculine. 

La jeune fille essuie insultes sexistes et remarques graveleuses. Mais aussi des sévices, comme celui du torchon : quand le bout a été humidifié, il cause « des bleus énormes sur les cuisses et sur les fesses ». Est-elle souvent rentrée chez elle avec des hématomes ‘ « Tellement de fois que je ne pourrais même pas les compter », répond Constance avant de se mettre à pleurer. Sa mère et sa s’ur, très émues, découvrent alors une souffrance qu’elles ignoraient.

Insultes, sévices et mains baladeuses

Selon Constance, le chef fermait les yeux sur les comportements de son équipe. Les mains se font baladeuses, jusqu’au jour où le second de la brigade la coince entre deux murs  l’arrivée d’un commis a heureusement détourné son attention. Quand la jeune fille s’adresse à son professeur de cuisine, en qui elle a confiance, pour qu’il la change d’établissement, elle s’entend répondre : « Il faut que tu t’habitues, ce sera comme ça toute ta vie. »

Après une dépression, Constance a quitté son école à la fin de l’année, son rêve brisé par la réputation intouchable d’un restaurant et le silence de son école. Le professeur comme l’école, contactés par le magazine, n’ont pas souhaité répondre à ses questions. La jeune fille veut maintenant devenir journaliste…

Extrait de « Violences en cuisine, à couteaux tirés », un document de « Complément d’enquête ».

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