Soyons aussi intelligents que les Chinois’ résistons-leur !

Soyons aussi intelligents que les Chinois' résistons-leur !

La Chine est à l’offensive de part. En 2015, pour la première fois, ses investissements ont été plus importants en Europe qu’aux Etats-Unis. Et en 2016, la vague continue et s’amplifie. Les Chinois investissent dans des secteurs où le marché chinois est et sera essentiel pour la croissance’: automobile (Volvo, PSA, Pirelli), tourisme (Club Med, Accor), machines-outils (avec la tentative actuelle de prise de contrôle de la pépite allemande Kuka), infrastructures (aéroport de Toulouse)’ autant de secteurs fermés en Chine à la prise de contrôle par des étrangers. Ils sont aussi à la recherche de solutions pour faire face à des difficultés internes à la Chine’: les investissements chinois dans le lait en poudre européen visent d’abord à répondre à la crise de confiance qui sévit là-bas suite aux différents scandales de laits frelatés.

Pourquoi ce soudain appétit pour l’Europe alors que la Chine privilégiait jusqu’à présent les Etats-Unis » Parce que le gouvernement et le Sénat américain ont des outils de contrôle des investissements très puissants’: Huawei n’a jamais pu se développer aux Etats-Unis parce que les autorités américaines considèrent que ce groupe ne respecte pas la propriété intellectuelle. Ericsson et Nokia en ont profité pour se tailler une très belle part de marché sur ce marché clé. Les Européens sont beaucoup moins tatillons. Pourquoi » Parce qu’ils veulent être les bons élèves du libéralisme appliqué. Mais aussi, et peut-être surtout, parce qu’ils sont en fait divisés tout en étant tenu par une seule et unique politique commerciale.

Taux d’ouverture. Dès lors, ce sont les intérêts des Etats qui sont politiquement et économiquement les plus forts qui dominent. La politique commerciale de l’Europe est définie par les pays dont le taux d’ouverture est le plus élevé (l’Allemagne, les Pays-Bas, les pays nordiques) qui, fort de leurs succès économiques, ont une emprise politique majeure. A l’intérieur de ces pays, les plus gros exportateurs sont les constructeurs automobiles qui représentent plus de 50 % de l’excédent commercial allemand. Or, ces constructeurs automobiles ont un besoin vital du marché chinois qui est selon les années le premier ou le deuxième du monde. Ils mettent toute la pression possible pour que l’Europe ait une politique la plus ouverte possible vis-à-vis de la Chine.

Arrivent ces jours-là la question de l’accession de la Chine au statut d’économie de marché qui lui permettrait de faire baisser complètement les droits de douane qui existent encore à l’encontre de ses produits. Sur le papier, il ne devrait même pas y avoir de débat’: le contrôle absolu de l’économie par l’Etat, la part essentielle des entreprises publiques, une justice aux ordres, une corruption considérable, la pratique du dumping pour tuer les concurrents, voire une stratégie économique de premier ordre élaborée par les meilleurs cerveaux du monde et pilotée de main de maître (ce qui n’est pas la caractéristique de nos économies libérales’!), rien ne permet de qualifier la Chine « d’économie de marché ». Sauf peut-être les intérêts qui sont en jeu, la capacité de rétorsion de la Chine qui utilise son immense marché comme une arme de négociation. Peut-on dénier ce droit à la Chine » Non, la Chine défend ses intérêts et elle a bien raison. Doit-on céder à la Chine » Non. Car l’Europe elle aussi doit défendre ses intérêts. Sous peine, bientôt, de disparaître purement et simplement.

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