Non les grandes figures de l’histoire française n’ont pas disparu des programmes scolaires

Non les grandes figures de l'histoire française n'ont pas disparu des programmes scolaires

Najat Vallaud-Belkacem voulait une rentrée « apaisée », mais les polémiques ne sont jamais bien loin. Jeudi 1er septembre, plus de 12 millions d’élèves ont repris le chemin des cours, pour une année scolaire marquée par la réforme du collège. Les changements de programme continuent de faire beaucoup parler sur les réseaux sociaux, à l’image de ce tweet, publié lundi 5 septembre par un adhérent du parti Les Républicains et partagé plus d’une centaine de fois : « [En] cette rentrée scolaire 2016, disparaissent du programme Vercingétorix, Hugues Capet, Jeanne d’Arc, Richelieu, Voltaire et Rousseau. »

D’où vient cette affirmation Quelques jours plus tôt, dans Le Figaro, François Fillon portait une accusation quasi-similaire. Pour promouvoir ses idées en matière d’éducation, le candidat à la primaire de droite déplorait l’absence de plusieurs figures historiques dans l’enseignement du « récit national à nos enfants » : « A cette rentrée disparaissent du programme plusieurs personnages importants français et européens : Jules César, Vercingétorix, Hugues Capet, Jeanne d’Arc, Gutenberg, Christophe Colomb, Copernic, Galilée, Richelieu, et même Voltaire et Rousseau ! Nous ne pourrons pas former une nation solide en lui faisant rejeter son passé. »

Le coup de gueule de François Fillon n’a rien d’exceptionnel. « Les programmes scolaires, c’est comme la corrida ou la vraie recette du gratin dauphinois, on finit toujours par se jeter la vaisselle à la tête », commentait notre blogueur spécialiste de l’histoire, Jean-Christophe Piot, en mai 2015, au moment de la réflexion sur les nouveaux programmes. En réalité, l’accusation de François Fillon est un tantinet exagérée : le détail des nouveaux programmes (en PDF) cite moins de personnalités, mais le récit des grands moments de l’histoire de France n’a pas disparu pour autant.

Aux oubliettes, César et Vercingétorix Le programme de CM1 prévoit tout de même de faire plancher les élèves sur cette question : « Et avant la France (…) Celtes, Gaulois, Grecs et Romains : quels héritages des mondes anciens  » « On se centrera ensuite sur les Gaules, caractérisées par le brassage de leurs populations et les contacts entre Celtes, Gaulois et civilisations méditerranéennes », poursuit le texte officiel.

Disparus, Hugues Capet et Jeanne d’Arc Certes, dans les précédents programmes (en PDF), la pucelle d’Orléans était nommément citée : en CM1, les élèves devaient « être capable[s] de raconter brièvement les principaux épisodes de [sa] vie et le récit de ses actions ». Mais la monarchie capétienne est toujours bien enseignée, avec une étude « sur le pouvoir royal, ses permanences et sur la construction territoriale du royaume de France ». Parmi les personnalités étudiées sont citées « Aliénor d’Aquitaine, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis » ou encore « Louis IX, le ‘roi chrétien' ».

Gutenberg « La gravure et l’imprimerie » sont évoquées dans les enseignements d’histoire des arts au collège. Christophe Colomb Là encore, en 5e, les élèves devaient être capables de repérer « le premier voyage » de l’explorateur sur une carte. Le prérequis a disparu, mais les élèves étudient toujours l’ouverture sur le monde de l’Europe aux XVIe et XVIIe siècles « dans le cadre des grandes découvertes ». Dans le cadre des EPI, les Enseignements pratiques interdisciplinaires, les élèves de 5e peuvent travailler sur « les raisons de voyager à travers les textes des découvreurs (de Christophe Colomb à James Cook) ».

Copernic et Galilée « Les bouleversements scientifiques, techniques, culturels et religieux que connaît l’Europe de la Renaissance invitent à réinterroger les relations entre pouvoirs politiques et religion » au XVIe et au XVIIe siècles peut-on lire dans le programme de 5e.

Voltaire et Rousseau « L’Europe des Lumières » figure toujours au programme de 4e : « Le développement de l’esprit scientifique, l’ouverture vers des horizons plus lointains poussent les gens de lettres et de sciences à questionner les fondements politiques, sociaux et religieux du monde dans lequel ils vivent, est-il précisé. On pourra étudier les modes de diffusion des nouvelles idées. »

« Le récit national, c’est une histoire faite d’hommes et de femmes, de héros, de symboles, de lieux, de monuments, d’événements », plaidait François Fillon. Sur ce point, la réécriture des programmes peut effectivement lui déplaire. « Beaucoup reprochent aux programmes d’histoire de délaisser les grandes figures emblématiques pour une histoire sociale, économique, culturelle dont on sous-entend qu’elle aurait le défaut d’être un peu pénible, commentait Jean-Christophe Piot. C’est honnêtement un peu vrai parfois. » Comme le notait notre blogueur, un tel reproche est très en vogue à la droite de l’échiquier politique.

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