Les sous-marins et le libre-échange

Les sous-marins et le libre-échange

Quel bric-à-brac idéologique ! Au moment même où la France se glorifiait (à juste titre) d’avoir décroché le contrat du siècle en vendant douze sous-marins à l’Australie, le gouvernement raidissait brutalement ses positions dans les négociations sur le traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis. François Hollande avait ainsi, dans son phrasé si particulier, donné le cap : « La France, elle a fixé ses conditions, la France, elle a dit, s’il n’y a pas de réciprocité, s’il n’y a pas de transparence (‘), si on n’a pas accès aux marchés publics et si en revanche les Etats-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l’on fait ici, je ne l’accepterai pas. »

Et ce sont donc les mêmes voix qui ont célébré un contrat historique dans un domaine le militaire’hautement sensible et étroitement surveillé, un des secteurs où le protectionnisme est le plus tatillon. C’est le même chef de l’Etat qui s’est déplacé toutes affaires cessantes au siège de DCNS, le constructeur des sous-marins océaniques, pour brandir bien haut une maquette, sans songer un instant qu’il avait entre les mains un trophée du libre-échange.

Le commerce international est une affaire sérieuse où la moindre naïveté est dangereuse : les enjeux du traité de commerce entre l’Europe et les Etats-Unis sont tout sauf anodins. Mais les réduire à la caricature qui en est faite aujourd’hui (poulet à la javel, OGM dans toutes les assiettes et justice privée à la solde des multinationales) est tout aussi condamnable. C’est nourrir la peur de l’international, c’est nier nos atouts et dévaloriser nos propres forces. Qu’aurait-on dit en entendant le Premier ministre australien rejeter l’offre française en déclamant : « L’Australie, elle a fixé ses conditions’ » ‘ Heureusement pour nous, Malcom Turnbull est le chef du Parti libéral. Le libéralisme, c’est bon chez les autres.

Laisser un commentaire