Hermès , (Axel) Dumas doit beaucoup à (Jane) Birkin et (Grace) Kelly  

Hermès , (Axel) Dumas doit beaucoup à (Jane) Birkin et (Grace) Kelly  

La crise du luxe ne l’atteint pas. Alors que certains trébuchent en Chine ou en Russie, Hermès a enregistré l’an dernier une hausse de sa rentabilité opérationnelle, de son profit net et de ses ventes. Une performance à mettre sur le compte d’une « gestion saine et rigoureuse » et de « la capacité du groupe à s’ajuster », commente Axel Dumas, gérant du célèbre maroquinier depuis un peu plus de deux ans.

Après avoir consacré les premiers mois de son mandat à lutter avec succès contre la montée de LVMH au tour de table du groupe familial, le neveu de Jean-Louis Dumas, qui pilota l’entreprise familiale pendant presque trente ans, peut pleinement se consacrer au développement du groupe. C’est heureux car l’environnement s’est sérieusement compliqué. Multiplication des attentats, valse des monnaies, lutte anti-corruption en Chine, crise dans les grands pays émergents (Russie, Brésil)’: la croissance du marché mondial du luxe s’en ressent, après un début de décennie euphorique.

Le mois dernier, Hermès avait prévenu dans un communiqué que « la hausse des ventes en 2016 pourrait être inférieure à l’objectif de moyen terme d’une progression du chiffre d’affaires à taux constants de l’ordre de 8 % ». La publication des résultats 2015 a rasséréné le marché sur la capacité de résistance du groupe du Faubourg Saint-Honoré. Le résultat opérationnel a grimpé de 19 % l’an dernier, à 1,54 milliard, dépassant les attentes du marché. A 31,8 %, le taux de marge est à des sommets.

Quant au résultat net consolidé, il frôle la barre symbolique du milliard d’euros (973 millions d’euros, +13,2 %) La maroquinerie-sellerie – par exemple les fameux modèles de sacs Kelly et Birkin – continue de tirer la croissance, avec des ventes en hausse de 13 %. Elle compense l’atonie de la soie, stable l’an dernier, le fameux « carré » subissant le contrecoup d’une baisse du tourisme à Paris consécutive aux attentats.

A plus de 318 euros l’action mercredi, Hermès vaut aujourd’hui 29 fois les résultats estimés pour 2017, un multiple très supérieur à celui de ses concurrents direct que les analystes justifient par le positionnement unique du groupe et son pilotage habile de la rareté.  

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