Europe, la dernière chance jusqu’à quand

Europe, la  dernière chance  jusqu'à quand
L’Europe nous a tellement habitués à ces « sommets de la dernière chance » qu’on hésite à qualifier ainsi la réunion sur la crise des migrants qui se tient ce lundi entre les Vingt-huit et la Turquie. Ce qui se joue là est pourtant crucial : la bascule entre une Europe de l’Union, telle qu’elle a été pensée (rêvée ‘) par ses bâtisseurs, et l’Europe du chacun pour soi, telle qu’elle est désormais réclamée par plusieurs de ses membres.

C’est, bien entendu, la pression migratoire qui percute le plus violemment l’idéal européen. Sur le continent, près d’un pays sur trois a fermé ou rétréci ses frontières. La semaine dernière, la Belgique décidait seule de rétablir un contrôle pour empêcher l’entrée chez elle des indésirables de la jungle de Calais. L’Autriche, la Hongrie, la Suède et le Danemark sont poussés par leurs opinions à se barricader et refusent de mettre en uvre les décisions prises par l’Europe depuis plusieurs mois. Paris reproche à l’Allemagne d’Angela Merkel d’avoir trop largement ouvert les bras aux migrants. Chacun pour soi.

La Grèce, une nouvelle fois, est désignée maillon faible, tellement que Bruxelles a dû flécher vers Athènes des fonds d’urgence, inaugurant ainsi l’impensable : un pays européen bénéficiaire d’une aide humanitaire de l’Europe ! La Grèce, incapable de gérer ses réfugiés, incapable de monter les points de contrôles ni les centres de regroupement, incapable de relever ce défi insensé, à moins qu’il ne s’agisse de sa part d’un acte délibéré pour obtenir toujours plus de la part de Bruxelles. Chacun pour soi.Pendant ce temps, la Grande-Bretagne danse sur un volcan en jouant avec le risque d’un Brexit. Chacun pour soi.

On le pressent, alors que la Turquie suffoque, aucune solution commune ne semble pouvoir émerger. A force de n’avancer que de crise en crise, on voit venir celle de trop. 

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