En Australie le premier ministre Malcolm Turnbull s’en prend à l’Europe et à la Chine pour séduire les électeurs

En Australie le premier ministre Malcolm Turnbull s'en prend à l'Europe et à la Chine pour séduire les électeurs

Depuis qu’il a pris la succession de Tony Abbott à la tête du gouvernement, en septembre, Malcolm Turnbull n’a pas réussi à convaincre les Australiens même s’il reste, à leurs yeux, le meilleur candidat à ce poste en cas d’élection. C’est sans doute pour cette raison qu’il a décidé de convoquer des élections anticipées pour lui permettre d’asseoir son pouvoir et mener plus facilement sa politique. Son coup d’Etat interne au Parti libéral lui avait permis d’éliminer son rival Abbott, mais il avait hérité d’une situation politique compliquée à gérer.

C’est ce qui explique pourquoi sa cote de popularité a fortement chuté depuis l’automne, date à laquelle il était au sommet de sa gloire. Selon le dernier sondage réalisé par News Corp., seulement 39 % des Australiens sont satisfaits des résultats de Malcom Turnbull, soit une baisse de 21 % par rapport au mois de novembre. C’est la première fois qu’il se retrouve dans cette situation d’impopularité. Il espère sortir de cette situation de blocage en appelant les électeurs à trancher et à lui donner une majorité avec un mandat clair. S’il se fie au même sondage, il reste l’homme politique le plus apprécié des Australiens puisque 52 % d’entre eux le préfèrent comme Premier ministre, largement devant le leader de l’opposition Bill Shorten.

« L’avantage que nous confère le fait d’être une île, nos services efficaces de protection des frontières et nos agences de lutte antiterroriste nous permettent d’être sûrs de savoir qui entre dans le pays. »

Les électeurs devraient se prononcer le 2 juillet. D’ici là, Malcolm Turnbull tente d’occuper le devant de la scène, en se concentrant sur les sujets étrangers. Il a notamment réagi aux attentats de Bruxelles, en déclarant qu’« il n’y a pas de frontières intérieures en Europe. Cette ouverture a été une grande réussite, mais les frontières extérieures sont difficiles à gérer. Selon des informations récentes des services de renseignement, le groupe terroriste Daech utilise la crise des migrants pour envoyer des agents en Europe. »

Et de poursuivre sur sa lancée’: « L’avantage que nous confère le fait d’être une île, nos services efficaces de protection des frontières et nos agences de lutte antiterroriste nous permettent d’être sûrs de savoir qui entre dans le pays. Des frontières fortes, des organismes de sécurité vigilants et respectueux de l’État de droit et un attachement fort aux valeurs communes de liberté et de respect mutuel’: ce sont les ingrédients du succès multiculturel, c’est ce que nous avons réussi à accomplir en Australie ».

Cette prise de position lui a valu une réponse de l’ambassadeur belge en Australie, Jean-Luc Bodson, selon lequel « c’est dangereux de dire cela, c’est exactement ce que Daech veut, que l’on fasse la confusion entre terroristes et migrants, et entre terrorisme et islam ».

Le premier ministre australien s’en est également pris à la Chine, son principal partenaire commercial, en estimant que la politique menée par Pékin en mer de Chine méridionale était « contreproductive ». Une déclaration étonnante de sa part, mais qui traduit les craintes des Australiens en matière de sécurité.

Malcolm Turnbull devrait se rendre en visite officielle en Chine le mois prochain. Il commence d’ores et déjà sa campagne électorale sur un terrain inattendu, celui des affaires étrangères.

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