Commerce en ligne , les 3 Suisses à vendre à la recherche d’un sauveur…

Commerce en ligne , les 3 Suisses à vendre à la recherche d'un sauveur...

L’ancien fleuron de la vente par correspondance est au plus mal : 80 postes vont être supprimés. Son propriétaire, le groupe 3SI, abandonne ses activités d’e-commerce. 

Le groupe 3SI a annoncé ce vendredi son intention de céder la totalité de ses activités de commerce en ligne, dont celles de sa marque historique en France « 3 Suisses », confrontée depuis plusieurs années à d’importantes difficultés.

Interrogé par Le Figaro, Antoine Pernod, porte-parole du groupe français, déclare que  « le Groupe 3SI a pris la décision de mettre en vente la totalité de ses activités e-commerce en France, Belgique, Espagne, Allemagne, Autriche et République Tchèque. Cela représente un périmètre de 400 millions d’euros et 900 collaborateurs »

Chez les représentants du personnel, « c’est un coup de massue, une catastrophe sociale », résume Antoine Clinckx, le secrétaire CFE-CGC du comité d’entreprise, dans la Voix du Nord. « Les gens ont des difficultés à réaliser, beaucoup sont rentrés chez eux après l’annonce. »

3SI souhaite désormais se concentrer sur ses activités de services à destination de ses clients professionnels, notamment autour de la distribution de colis avec Mondial Relay, et de la préparation de commande avec Dispeo.

« Une nouvelle structure, porteuse des ambitions de la marque »

Les enseignes destinées à être vendues « dans les douze prochains mois » sont Unigro , 3Pagen, Cemod et Cogemag-Excédence. Elles s’ajouteront aux autres enseignes du groupe déjà en cours de cession : Blancheporte (habillement des seniors), qui va être cédée au 1er avril à son management, suivie de Becquet (France, linge de maison), qui s’apprête à être vendue au 1er mai à la société de vente à distance Domoti, ainsi que Venca (Espagne, textile pour les quadras).

Mais parmi ce portefeuille de cession, c’est celle de la marque emblématique et historique du groupe en France, 3 Suisses, qui retient le plus l’attention. Selon 3SI, sa situation actuelle « ne permet pas une cession qui assurerait un futur à l’activité et à la marque ».

Le groupe envisage donc de créer une « structure nouvelle, porteuse des ambitions de la marque », et à laquelle serait rattachée 3 Suisses Belgium, avec pour idée de mettre en vente cette nouvelle entité.

« 3 Suisses ne disparaît pas »

Cette nouvelle structure ne comprendrait plus qu’une quarantaine de salariés, contre 147 employés actuellement par 3 Suisses en France.

Le distributeur a déjà dû faire face à de nombreux plans sociaux ces dernières années, afin de faire passer 3 Suisses de son ancien modèle de vente par catalogue à un acteur du e-commerce. Au total, un millier de postes ont ainsi été supprimés depuis 2009.

Mais cette mise en vente « ne signifie pas la disparition de 3 Suisses, ni sa prochaine fermeture », assure Antoine Pernod. Au contraire, « la vente dans une nouvelle structure, recentrée sur le e-commerce et débarrassée des activités annexes, comme les assurances, les voyages, qui n’avaient plus rien à y faire, va lui permettre de repartir d’une page blanche », explique le porte-parole du groupe 3 Suisses en France.

En 2014, le distributeur avait notamment mis fin à la diffusion de son gros catalogue bi-annuel pour passer sur un modèle tout internet, recentré sur la mode et la maison.

650 millions de pertes depuis 2009

Fondé en 1932, 3 Suisses est confronté depuis plusieurs années à d’importantes difficultés, directement concurrencé sur son modèle de vente à distance par les nouveaux géants internet internationaux, comme Amazon ou Zalando. La marque doit aussi affronter son vieux concurrent La Redoute, qui tente lui aussi de se transformer pour retrouver son succès d’antan.

Depuis 2009, 3 Suisses a essuyé 650 millions de pertes, une situation qui ne s’est pas amélioré ces dernières années, malgré le travail de repositionnement.

En 2015, les ventes ont été d’environ 120 millions contre près d’un milliard il y a une dizaine d’années.

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