Ce héros local risque 5 ans de prison pour avoir accueilli des migrants chez lui (Photos)

Ce héros local risque 5 ans de prison pour avoir accueilli des migrants chez lui (Photos)


Cédric Herrou, agriculteur de 37 ans de Breil-sur-Roya (06) est jugé aujourd’hui par le tribunal correctionnel de Nice pour avoir accueilli à son domicile plus de 200 migrants.

Depuis 18 mois, Cédric Herrou héberge des migrants dans son jardin de Breil-sur-Roya, petit village niché au dessus de Nice. Transformée en véritable campement, sa jolie maison à flanc de montagne est devenue la terre d’accueil des migrants arrivés en France par l’Italie. Ils sont installés dans le jardin, au milieu des poules, dans des tentes et des caravanes. Un magnifique geste solidaire qui ne plait pas à la justice française. Aujourd’hui, le tribunal correctionnel de Nice le juge pour « aide à l’entrée à la circulation et au séjour d’étrangers en situation irrégulière ». Il est également jugé pour avoir ouvert un squat clandestin dans les locaux d’une colonie de vacances désaffectée de la SNCF. Il encourt une peine de 30 000 euros d’amende et de cinq ans d’emprisonnement. En d’autres termes, il est jugé pour avoir apporté son aide à des personnes dans le besoin.

Au total, l’agriculteur de 37 ans aura accueilli plus de 200 migrants. « Ils arrivent la nuit, entre minuit et deux heures du matin, par la voie ferrée. Ils restent en moyenne une semaine », explique-t-il au micro de France Info, alors que 18 personnes sont actuellement chez lui. Ils viennent du Soudan, de l’Egypte, du Tchad, certains ont fui leurs pays parce qu’ils sont homosexuels, à l’instar d’un réfugié tchadien.

Ce « héros local pour certains, contrevenant pour d’autres », comme le titre le New York Times, transportait aussi des migrants de Vintimille, frontière italienne avec Menton, en voiture jusqu’à son domicile. Et c’est à ce moment-là qu’il a été épinglé par la justice. Il a été arrêté en août dernier avec huit Erythréens dans sa voiture, mais n’a pas été poursuivi.

Aujourd’hui, il se sent confiant pour son procès, comme il le raconte à LCI : « Je n’ai fait de mal à personne, j’ai juste le devoir de sortir du danger des mineurs ». Car oui, il n’y a « aucune prise en charge des mineurs isolés de la part de l’Etat, ils sont systématiquement reconduits à la frontière. Je me suis mis dans l’illégalité car l’Etat ne respecte pas la légalité ». Selon plusieurs associations niçoises, la police renverrait les mineurs migrants à Vintimille, alors qu’ils ont rempli des requêtes demandant l’aide de la France.

Son avocate, Me Françoise Cotta est également optimiste : « Je pense qu’il ne risque pas grand-chose. Il est trop médiatisé », rappelant que « Les Alpes-Maritimes sont une zone de non-droit, même la politique gouvernementale n’est pas appliquée », en faisant référence au refus de la région de mettre à disposition des migrants des places d’hébergements lors du démantèlement de Calais.

Rapidement, le mot-dièse #cedricherrou est devenu viral sur Twitter, à tel point que les utilisateurs se sont retrouvés à la Place du Palais de Justice de Nice pour manifester :

Parallèlement à son action indépendante, Cédric Herrou a aussi crée l’association « Roya citoyenne » réunissant 15 personnes qui oeuvrent à rendre le quotidien des migrants moins difficile : « On a d’abord pensé au plus urgent : distribuer de la nourriture », explique Suzel, à LCI. Mais même ça, c’est illégal : « On donne à manger en cachette à des réfugiés sous des ponts. C’est incroyable ».

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