Adieu Alep 1 200 civils ont déjà pu être évacués (Photos)

Adieu Alep 1 200 civils ont déjà pu être évacués (Photos)


Alors que les évacuations des civils et de rebelles étaient suspendues hier soir à Alep-Est, elles ont repris ce matin et 1 200 personnes ont déjà pu être évacuées.

Il faut le voir pour le croire. Une ville assiégée, en ruines, où la poussière, les gravats et les morceaux de pierre sont désormais les locataires d’une cité qui autrefois, rayonnait de lumières, de couleurs, et d’odeurs. Alep, ville célèbre par ses souks, dont le plus long marché du monde, de 17 kilomètres. Alep, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, possédait un patrimoine culturel exceptionnel qui faisait sa renommée de part le monde : la citadelle, vieille de près de 10 siècles, a été partiellement détruite par une explosion, ou encore la Grande Mosquée, dont le minaret et les murs d’enceinte ont été ravagés. Nous vivons l’Histoire, celle que nos enfants étudieront à l’école. Celle qui a poussé les habitants d’une même ville à fuir.

‘Les évacuations des civils et des rebelles devaient avoir lieu hier mais un incendie est venu perturber le départ des bus. Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), un accord avait été mis au point entre le régime et les rebelles pour qu’Alep et les villages de Foua et Kafraya soient évacués simultanément. Or, des hommes armés issus de la mouvance djihadiste ont perturbé ces évacuations. 350 personnes ont quand même réussi à rejoindre le territoire rebelle de Khan al-Assal hier soir, révèle BFM.’Selon des humanitaires et des journalistes, les civils étaient coincés au milieu de nulle part, dans un froid glacial qui avoisinait les -6°C. Certains ont enlevé des vêtements de leurs bagages et y ont mis le feu pour se réchauffer. Plusieurs enfants attendaient dans le froid pour ne pas rater un autre convoi car la trentaine de bus sur place étaient déjà pleine à craquer.

Finalement, la totalité des opérations a pu reprendre ce matin, et déjà 1 200 personnes ont été évacuées, notamment la petite Bana, 7 ans, qui a ému la planète entière en décrivant son quotidien sur Twitter et dont la maison avait été bombardée. Dix cars remplis de civils ont également pu quitter les petits villages de Foua et Kafraya.

Selon l’ambassadeur français François Delattre, les 15 pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ont trouvé un « terrain d’entente » sur un texte qui prévoit le déploiement d’observateurs à Alep pour superviser les évacuations et l’assistance humanitaire. « Ce texte contient tous les éléments essentiels permettant une supervision par l’ONU », a décrété l’ambassadrice américaine Samantha Power. Il enjoint l’ONU, et « toutes les institutions pertinentes de superviser et de surveiller directement les évacuations des quartiers Est d’Alep ». Si elle est adoptée, la résolution devrait permettre d’organiser « une évacuation dans la dignité et la sécurité, un accès humanitaire et de mettre réellement l’accent sur la protection » des civils.

Car le temps presse. Dans le dernier hôpital rebelle encore debout, une dizaine de blessés et de malades commencent à succomber. Ils sont dans des conditions désastreuses : allongés à même le sol, sans eau, sans nourriture et sans chauffage. « Il ne reste plus que trois médecins, un pharmacien, et trois infirmiers », a révélé le physiothérapeute Mahmoud Zaazaa au Huffington Post. Les enfants sont privés d’eau potable et n’ont rien à manger. Ils sont épuisés. Pour survivre, ils se nourrissent de dattes.

Une fois l’évacuation terminée, Bachar Al-Assad devrait proclamer la reprise totale de la ville, ce qui serait sa plus grande victoire depuis le début du conflit en mars 2011 et ses 310 000 morts.

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