497 SDF dont 6 enfants sont morts en 2015 en France

497 SDF dont 6 enfants sont morts en 2015 en France


Le collectif « Les morts de la rue » recense depuis 2002 tous les sans-abris décédés dans les lieux publics français. 497 SDF sont morts en France en 2015, mais le nombre réel serait estimé à plus de 2800.

Nous les croisons chaque jour, sans plus vraiment faire attention à eux. Ils sont parfois assis sur les marches des métros, allongés derrière un banc à se protéger du froid, ils sont sur le trottoir « d’en face », celui par lequel on évite de passer pour ne pas à avoir à les regarder. Ils sont environs 141 500 Sans Domicile Fixe, selon l’Insee, et 497 d’entre eux sont morts l’an dernier, en France. Des chiffres horribles, révélés par le collectif « Les morts de la rue », qui ne seraient en réalité que « la partie visible de l’Iceberg ». En effet, selon Nicolas Clement, Président du collectif : « le nombre réel de décès de personnes SDF est estimé à plus de 2 800 ». Pour collecter les données, le collectif a enquêté auprès des hôpitaux, des associations ou des particuliers. Il en ressort qu’en 2015, 43 femmes SDF sont mortes, ainsi que 6 mineurs de moins de 15 ans.

Être SDF, c’est quoi

Non, un SDF n’est pas forcément alcoolique. Ce préjugé, le collectif souhaite vraiment le combattre car la société donne une image faussée de la réalité. Selon l’Insee, 52% des SDF déclarent ne jamais boire, contre 46% de la population générale. « il n’est pas clair que les SDF consomment plus que la population générale, il faut donc nuancer ces considérations et vraiment poser la question », recommande Maya Allan, épidémiologiste de l’association.

Non, un SDF ne meurt pas forcément de froid. « Attribuer ces décès à des causes climatiques pourrait laisser pensent qu’il ne s’agit que d’une fatalité à laquelle nul ne peut rien. L’hiver, comme l’été sont immuables, alors que la situation précaire face au logement ne l’est pas : nous pouvons agir contre la précarité, pas contre les saisons », démontre Nicolas Clement. Pour étayer ses propos, l’enquête révèle que l’an dernier, 5 SDF sont morts d’hypothermie, ce qui ne représente même pas 1% du chiffre global. 28% meurent de causes violentes (accident, agression) et 27% d’une maladie.

Être SDF, c’est passer en moyenne 10 ans dans la rue, avec une espérance de vie de 49 ans, contre 89 ans pour la moyenne française. Être SDF peut arriver à n’importe qui : à la suite d’une séparation, d’une maladie, ou d’une perte du travail.

« Certains quittent les logements parce qu’ils s’y sentent seuls et oppressés »

L’objectif du collectif est « d’interpeller les pouvoirs publics, d’accompagner les morts et les vivants » et « d’en finir avec le préjugé assez général du démuni alcoolique, seul, qui décède avec la vague de froid hivernal ». Le collectif insiste sur la nécessité de faire des missions de prévention qui s’axent sur le suivi de la sortie de prison, sur le suivi des jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance, et de leur trouver des logements.

L’association cherche aussi à retrouver les histoires des disparus et à les partager. Pour cela, le collectif interroge les voisins, les commerçants, les riverains, et retranscrit les histoires sur son blog « mémoire des morts de la rue ».

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